Les autorités américaines ont déporté jeudi 78 ressortissants haïtiens, dont l’avocat et défenseur des droits humains Renan Hédouville, ancien responsable de l’Office de la protection du citoyen (OPC).
Arrêté aux États-Unis fin août, l’ancien Protecteur du citoyen figure parmi les 78 personnes renvoyées en Haïti à bord d’un vol charter de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).
Selon Miami Herald, l’appareil affrété par l’ICE, parti d’Alexandria, en Louisiane, a décollé d’Opa-locka à 11 heures avant d’atterrir au Cap-Haïtien à 12 h 31.Le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, a annoncé l’opération sur le réseau social X, en publiant notamment une photographie de migrants menottés au moment de leur embarquement, rapporte le quotidien floridien.
Renan Hédouville arrêté dans le cadre de sa demande d’asile
Renan Hédouville avait été interpellé le 26 août 2026 par les autorités américaines. Selon les informations rapportées, son arrestation serait intervenue alors qu’il se présentait à un entretien lié à sa demande d’asile aux États-Unis.
L’examen de son dossier par les services américains de l’immigration aurait notamment fait apparaître l’existence d’un avis de recherche émis en 2025 à la demande de l’ancien directeur général de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), Me Hans Joseph.
Renan Hédouville ferait l’objet d’accusations présumées de détournement de fonds publics, d’irrégularités dans la passation de marchés publics et d’entrave au fonctionnement de la justice. Ces accusations restent toutefois à établir devant les autorités judiciaires compétentes.
Ancien fonctionnaire du Ministère des Affaires Sociales et du Travail, et professeur de droit des droits humains, Renan Hédouville s’est fait connaître dans le mouvement haïtien de défense des droits humains.
Il a ensuite dirigé l’Office de la Protection du Citoyen, institution indépendante chargée notamment de veiller au respect des droits des citoyens et de contribuer à la protection des droits humains en Haïti.
Son passage à la tête de l’OPC avait toutefois été marqué par plusieurs controverses, notamment concernant la gestion de l’institution.




