Élections en Haïti : le gouvernement poursuit ses consultations avec les partis politiques

Le gouvernement haïtien poursuit ses consultations avec les groupements et partis politiques agréés dans la perspective des élections prévues le 13 décembre 2026.

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a engagé, du 23 au 30 août, une série de rencontres avec plusieurs acteurs politiques afin de recueillir leurs préoccupations sur le processus électoral, selon un communiqué du gouvernement.

Au cours de cette période, le chef du gouvernement a notamment échangé avec des représentants du Forum des neuf groupements politiques, composé de Delivrans, Anfòs pou Sove Lonè, Debout Citoyen, Debout Patriote, Grand, Coppos-Haïti et alliés, Myèl, Platfòm rekonsilye et Sol Ayiti.

Le Premier ministre a également rencontré des représentants d’Ayiti Transfòme, de la Ligue Alternative pour le Progrès et l’Émancipation Haïtienne (LAPEH) et alliés, Kapab, Grâce pour Haïti, Debloke, Solèy et Viktwa. Des partis agréés, dont l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL) et Vision-Action-Réalisation (VAR), ont également participé aux consultations.

Les partis dénoncent des problèmes dans le processus électoral

Lors des échanges, plusieurs représentants politiques ont fait part de leurs préoccupations concernant des défaillances techniques et opérationnelles constatées depuis le lancement du processus électoral. Ils ont également soulevé des difficultés liées à l’application de certaines dispositions du décret électoral.

L’inscription des électeurs figure parmi les principaux points de préoccupation. Des acteurs politiques dénoncent notamment un manque de transparence dans le processus ainsi que l’absence d’une véritable campagne de sensibilisation auprès de la population.

Ils critiquent également les difficultés rencontrées avec le système d’inscription en ligne des 30 000 membres exigés des partis et groupements politiques. Des présomptions d’irrégularités sont aussi évoquées concernant le rejet de cartes pourtant valides, certains citoyens découvrant qu’ils auraient déjà été inscrits, à leur insu, dans une autre formation politique.

Des critiques sur le calendrier électoralLes représentants politiques ont par ailleurs souligné un décalage entre certaines dispositions du décret électoral et la mise en œuvre du calendrier établi par le Conseil électoral provisoire (CEP).

L’article 153 du décret électoral, notamment, suscite des interrogations concernant les délais impartis pour la constitution des dossiers de candidature.

La neutralité du gouvernement dans la conduite du processus électoral ainsi que la mise en place d’un cadre sécuritaire capable de garantir la tenue des scrutins figurent également parmi les préoccupations exprimées lors des consultations.

À la suite de ces rencontres, le Premier ministre a reçu, le 31 août, les membres du CEP afin de leur demander d’apporter des réponses aux différents problèmes soulevés par les acteurs politiques.

Des partis dénoncent les difficultés de l’inscription en ligne

Dans une note conjointe datée du 24 août, plusieurs partis agréés, notamment OPL, Rasanble et Kapab, avaient déjà dénoncé des « dérives et difficultés d’exécution » depuis l’ouverture, le 20 août, des inscriptions en ligne pour les élections présidentielle et législatives.

Ces formations critiquent notamment l’absence de procédure de substitution, l’exigence des 30 000 membres et l’absence d’un mécanisme clairement défini pour répondre aux difficultés rencontrées. Elles dénoncent également ce qu’elles considèrent comme un non-respect de certaines dispositions du décret électoral.

Le parti Les Engagés pour le Développement (EDE) a, lui aussi, vivement critiqué le système. Par la voix de son président stratégique, Claude Joseph, le processus d’inscription en ligne a été qualifié de « véritable fiasco ».

Selon Claude Joseph, certains partis auraient dû soumettre près de 20 000 noms pour faire valider 1 000 membres, tandis que ceux ayant atteint le seuil de 30 000 membres auraient dû introduire plus de 100 000 noms.

Les conditions sécuritaires au cœur des inquiétudesDans une lettre ouverte publiée le 19 août, Rasin kan pèp la, Alternative Socialiste (ASO) et Eskanp ont également dénoncé la précipitation dans la préparation des élections et l’absence, selon eux, des conditions sécuritaires nécessaires à la tenue des scrutins.

Début août, l’ASO avait déjà estimé que l’organisation d’élections dans le contexte actuel constituait « un acte irresponsable, inconscient et un mépris direct » envers la population.

Ces inquiétudes interviennent alors que le pays reste confronté à une importante insécurité liée aux violences des gangs armés, notamment dans les départements de l’Artibonite et de l’Ouest. À Kenscoff, une cinquantaine de personnes ont été tuées lors d’une attaque perpétrée dans la nuit du 23 au 24 août 2026.

Les échéances électorales se rapprochent

La période d’inscription des candidatures est prévue du 20 août au 3 septembre 2026, tandis que le dépôt des pièces doit intervenir au plus tard le 9 septembre.Le CEP avait, de son côté, publié le 19 août la liste des 105 structures politiques retenues, ainsi que leurs numéros de campagne.

Alors que les consultations se poursuivent, les difficultés techniques, les contestations politiques et les préoccupations sécuritaires continuent donc de peser sur la préparation des élections du 13 décembre 2026.

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