Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a adressé, le 16 juillet 2026, une correspondance au commissaire du gouvernement près le tribunal de Port-au-Prince, l’exhortant à assurer le suivi du dossier relatif au massacre de La Saline. Une copie de cette lettre a également été transmise au ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Patrick Pélissier.
Dans sa correspondance, le RNDDH rappelle l’ampleur du massacre perpétré les 13 et 14 novembre 2018, dont le bilan demeure particulièrement lourd. Selon l’organisation, cent victimes avaient été recensées le 13 novembre 2018, dont soixante et onze personnes assassinées, deux portées disparues et cinq blessées par balles. Vingt-deux femmes et filles auraient par ailleurs été violées lors de cet épisode. L’organisation évoque également au moins cent cinquante maisons vandalisées ou criblées de balles dans les zones du Projet La Saline, de la rue Desmangles et de la rue du Quai.
Le RNDDH revient sur l’état d’avancement du dossier, rappelant qu’une ordonnance avait été émise le 20 juin 2024 par le magistrat instructeur Jean Wilner Morin. Les inculpés en avaient interjeté appel au mois d’août suivant. Or, selon l’organisation de défense des droits humains, aucune suite n’a été donnée à cet appel depuis lors, une situation qu’elle dénonce comme permettant aux personnes indexées dans ce dossier de continuer à jouir de l’impunité.
Un appel pressant à agir
Le RNDDH invite le commissaire du gouvernement, en sa qualité de titulaire de l’action publique, à prendre les dispositions nécessaires afin que le dossier suive son cours normal et que la vérité judiciaire sur ce massacre puisse être établie. Dans sa lettre adressée au ministre Pélissier, l’organisation exprime l’espoir que cette démarche s’avère édifiante et qu’une suite concrète y soit donnée.
Contexte
Le massacre de La Saline, l’un des plus meurtriers survenus en Haïti au cours des dernières années, avait suscité une vive indignation tant au niveau national qu’international. Depuis 2018, plusieurs organisations de défense des droits humains, dont le RNDDH, réclament que justice soit rendue aux victimes. Cette nouvelle correspondance s’inscrit dans la continuité des multiples démarches entreprises par l’organisation pour maintenir la pression sur les autorités judiciaires, dans un contexte plus large où le RNDDH a déjà dénoncé, dans d’autres dossiers, des lenteurs et irrégularités procédurales au sein de l’appareil judiciaire haïtien.




