Reprendre le contrôle territorial
Le premier objectif consiste à réduire, puis démanteler l’emprise territoriale des gangs armés. La FRG compte y parvenir par des opérations fondées sur le renseignement, menées seule ou aux côtés de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des Forces armées d’Haïti (FAd’H). Les progrès seront mesurés à travers le nombre de patrouilles, les barrages démantelés, l’ouverture de nouvelles bases opérationnelles, ainsi que les armes saisies et les arrestations réalisées, en comparaison avec une situation de référence arrêtée au 31 mai 2026, veille du lancement officiel des opérations. Sur le terrain, 14 membres de gangs ont déjà été arrêtés lors d’une intervention à Tabarre le 21 juin, puis remis à la DCPJ.
Sécuriser les infrastructures critiques
Le deuxième objectif vise la protection des infrastructures jugées essentielles à la restauration de la légitimité de l’État : l’aéroport international Toussaint Louverture, les terminaux maritimes, les centres de détention, ainsi que les routes nationales no 1 et no 9. Parmi les indicateurs retenus figurent la levée de l’interdiction de vol imposée par l’administration fédérale américaine (FAA) sur Port-au-Prince, l’ouverture permanente des corridors d’approvisionnement et le renforcement de la présence sécuritaire sur ces sites stratégiques.
Renforcer durablement les institutions haïtiennes
Le troisième objectif porte sur le développement des capacités des institutions haïtiennes afin qu’elles puissent, à terme, contenir elles-mêmes la violence des gangs. Le rapport prévoit une planification et une conduite conjointes des opérations entre la FRG, la PNH et les FAd’H, dans une logique d’apprentissage opérationnel, ainsi qu’une meilleure coordination avec le système onusien pour faciliter la tenue d’élections, l’acheminement de l’aide humanitaire et la lutte contre le trafic d’armes.
Un objectif limité mais structurant
D’ici au 30 septembre 2028, la FRG ambitionne d’avoir suffisamment réduit les capacités des groupes armés pour qu’ils ne puissent plus exercer de contrôle territorial significatif ni entraver le fonctionnement de l’État. Jack Christofides précise toutefois que cet objectif ne correspond pas à une stabilisation complète du pays, mais à la création de conditions minimales de sécurité permettant d’inverser la dynamique actuelle et d’engager un processus durable de reconstruction institutionnelle. Il conclut que le contexte actuel offre une opportunité « limitée, mais cruciale » pour y parvenir.




