Le parti Les Engagés pour le Développement (EDE) a publié ce lundi une réaction ferme à une note émanant d’une coalition de signataires du Pacte National pour la Stabilité et l’Organisation des Élections. Cette note accusait le Conseil Électoral Provisoire (CEP) d’avoir mis en veilleuse le processus électoral, à moins de cinq mois de la date du 31 août 2026 fixée pour le premier tour.
EDE, signataire du Pacte et parti dûment enregistré pour les élections, rejette catégoriquement les accusations portées contre le CEP. Le parti dénonce ce qu’il qualifie de « manque d’élégance politique » de la coalition, composée notamment de partis proches du pouvoir comme En Avant et le PHTK. Selon EDE, cette démarche vise à conforter le narratif du gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui chercherait à bloquer le processus électoral tout en rejetant la responsabilité sur le CEP.
EDE appuie ses accusations sur des faits concrets. Bien que le CEP ait transmis son budget à l’Exécutif dès le 28 janvier 2026, le Premier ministre n’a tenu une première réunion à ce sujet qu’au 23 mars, soit près de deux mois plus tard. Le parti dénonce également un arrêté gouvernemental ayant contraint le CEP à suspendre l’inscription des électeurs dans l’attente d’un décret harmonisé, retardant ainsi un processus qui avait déjà enregistré 320 formations politiques.
Sur la question du budget électoral, EDE conteste la manipulation des chiffres par la coalition gouvernementale. Il rappelle que les élections de 2015 et 2016 avaient coûté près de 170 millions de dollars, sans compter l’appui logistique de la MINUSTAH.
La sécurité, condition sine qua non
EDE soulève également la question sécuritaire. En juin 2025, le CEP avait validé 1 309 centres de vote sur 1 534. Depuis, 129 centres supplémentaires ont été perdus en raison de l’insécurité. Le parti rappelle qu’aucune élection libre et crédible ne peut se tenir sans un environnement sécurisé, une responsabilité qui incombe directement au gouvernement.
EDE conclut en appelant l’Exécutif à respecter les engagements pris dans le cadre du Pacte National, à cesser toute manœuvre visant à prolonger la transition et à concentrer ses efforts sur le rétablissement de la sécurité à travers le pays.




