Les États-Unis offrent jusqu’à 3 millions de dollars pour des informations sur des gangs haïtiens

Le Département d’État américain lance un appel à l’information visant les groupes criminels haïtiens Viv Ansanm et Gran Grif. Une récompense pouvant atteindre 3 millions de dollars est promise pour toute aide permettant de démanteler leurs réseaux financiers.

Le Département d’État des États-Unis a annoncé une récompense pouvant atteindre 3 millions de dollars pour toute information permettant de perturber les mécanismes financiers des gangs haïtiens « Viv Ansanm » et « Gran Grif ». Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme Rewards for Justice (RFJ), qui prévoit également une éventuelle relocalisation des informateurs.

Selon les autorités américaines, ces deux groupes sont désignés comme organisations terroristes étrangères. Le programme vise notamment à identifier « les entreprises, comptes bancaires ou investissements détenus ou contrôlés » par ces organisations, ainsi que « les contributions financières » et les transactions effectuées en leur faveur.Les informations recherchées concernent également les sociétés écrans, les transferts d’armes, de munitions et de drones, ainsi que les activités criminelles génératrices de revenus comme les enlèvements contre rançon. L’objectif est clair : priver ces groupes de leurs ressources financières pour réduire leur capacité opérationnelle.

Viv Ansanm et Gran Grif dans le viseur de Washington

Créée en septembre 2023, l’alliance criminelle « Viv Ansanm » regroupe plusieurs gangs armés opérant à Port-au-Prince. D’après le Département d’État, ses gangs sont responsables d’une « campagne continue de violence » visant notamment des institutions publiques, des commissariats, des hôpitaux et des infrastructures stratégiques.

Les autorités américaines affirment que ces actions ont contribué à une instabilité politique majeure, ayant notamment contraint l’ancien Premier ministre Ariel Henry à quitter le pouvoir en avril 2024. Le groupe est également accusé d’enlèvements, d’extorsions, de trafic d’armes et de recrutements forcés, y compris d’enfants.

De son côté, « Gran Grif », actif dans le département de l’Artibonite, est présenté comme l’une des plus grandes organisations criminelles de la région. Fondé autour de 2016 par Prophane Victor, ce groupe est impliqué dans des attaques contre la Police nationale d’Haïti et la Mission multinationale d’appui à la sécurité, soutenue par l’Organisation des Nations unies.

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Washington souligne que « les membres de Gran Grif se sont livrés à des enlèvements, des meurtres, des violences physiques et des recrutements forcés d’enfants », en plus de pillages et d’extorsions. En 2023, les Nations unies avaient déjà accusé ce groupe de violations graves des droits humains.

Des sanctions et un appel à la coopération

Depuis mai 2025, les deux groupes sont officiellement désignés comme organisations terroristes étrangères par les États-Unis. Cette classification entraîne le gel de tous leurs avoirs sous juridiction américaine et interdit toute transaction avec des citoyens ou entités américaines.

Le Département d’État rappelle que « fournir sciemment un soutien matériel ou des ressources à ces organisations constitue un acte criminel ». Les contrevenants s’exposent à des sanctions sévères en vertu des lois antiterroristes.

Les autorités américaines encouragent toute personne disposant d’informations à contacter le programme Rewards for Justice via des applications sécurisées. Elles assurent que « toutes les informations seront traitées de manière strictement confidentielle ».

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