Le Bureau National d’Ethnologie (BNE) a annoncé la soumission officielle, le mardi 17 mars 2026, du dossier de candidature intitulé « Les arts vivants et les pratiques sociales du vodou du Bénin et d’Haïti » en vue de son inscription au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Cette démarche, selon les deux pays, vise à intégrer le vodou sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatérie de l’UNESCO dans le cadre de la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Le dossier met en avant le rôle du vodou dans la cohésion sociale, la transmission entre les générations et la capacité de résistance des populations.
Le projet résulte d’une collaboration entre des institutions publiques, des praticiens et des experts. Les spécialistes en patrimoine pour leur culture respective, Ricarson Dorcé pour Haïti et Paul Akogni pour le Bénin ont piloté la rédaction. Le communiqué précise que les communautés vodou haïtiennes ont été consultées tout au long du processus afin de garantir leur accord formel, conformément aux exigences internationales.
Pour appuyer cette candidature, le BNE a également réalisé un documentaire consacré aux expressions artistiques du vodou, avec le soutien de la Délégation permanente d’Haïti auprès de l’UNESCO et de l’Université d’État d’Haïti.
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Ce que cette reconnaissance signifie concrètement
Si cette candidature est acceptée par l’UNESCO, cela changera la perception du vodou à l’échelle internationale. Concrètement, cela signifie que le vodou ne sera plus seulement vu comme une croyance religieuse, mais comme un trésor culturel mondial qu’il faut protéger juridiquement et financièrement.
Pour Haïti et le Bénin, c’est une manière de dire au monde que leurs traditions ont la même valeur historique que les grandes cathédrales ou les arts classiques européens. Cela pourrait aussi faciliter l’obtention de fonds pour la recherche, la conservation des objets sacrés et le développement d’un tourisme culturel respectueux.
Le BNE: gardien de l’identité
Placé sous la tutelle du Ministère de la Culture et de la Communication (MCC), le BNE est l’institution étatique chargée de la protection du patrimoine immatériel en Haïti. Fondé en 1941 par l’intellectuel Jean Price-Mars, il a pour mission l’inventaire, l’étude et la conservation des expressions culturelles et des objets ethnographiques nationaux. Par cette nouvelle soumission, le BNE réaffirme son rôle de conseiller technique et de garant de l’identité haïtienne sur la scène internationale.




