La lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme ne peut être menée uniquement par l’État. C’est le message central du ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, lors de la présentation officielle des conclusions du Rapport d’Évaluation nationale des risques (ENR) organisée le 11 mars 2026 à l’Hôtel Montana.
L’événement a réuni plusieurs institutions nationales et internationales concernées par la gouvernance financière, dont la Banque de la République d’Haïti (BRH), l’Unité centrale des renseignements financiers (UCREF) et la Commission nationale de lutte contre le blanchiment des avoirs (CNLBA). Cette première évaluation nationale vise à dresser un diagnostic précis des vulnérabilités d’Haïti face aux flux financiers illicites et au financement du terrorisme.
Dans son allocution, le titulaire du ministère a salué une étape importante dans le renforcement de l’intégrité du système financier haïtien. Selon lui, ce rapport constitue un outil stratégique susceptible d’aider le pays à améliorer ses mécanismes de contrôle et à sortir de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI).
Le ministre a souligné que cette étude, réalisée par une équipe multidisciplinaire de plus de trente-cinq experts issus des secteurs public et privé, a permis de documenter avec méthode plusieurs menaces majeures. Parmi celles-ci figurent la criminalité organisée, le trafic d’armes à feu, les enlèvements contre rançon, la corruption, la contrebande et le trafic de stupéfiants.
Pour Serge Gabriel Collin, l’intérêt principal de cette évaluation réside dans sa capacité à hiérarchiser les risques et à fournir une base solide pour l’action publique. « On ne combat efficacement que ce que l’on connaît avec exactitude », a-t-il affirmé, tout en insistant sur la nécessité de passer rapidement à la mise en œuvre des recommandations.
Le ministre a également rappelé que la lutte contre le blanchiment des capitaux est une responsabilité partagée. Banques, compagnies d’assurances, institutions de microfinance, notaires, comptables et avocats sont appelés à renforcer leurs mécanismes internes de conformité en s’appuyant sur l’approche basée sur les risques recommandée par le GAFI.
Selon lui, les conclusions de ce rapport marquent non seulement la fin d’un processus d’évaluation, mais aussi le début d’une nouvelle étape dans la gouvernance financière en Haïti, fondée sur la transparence, la coopération institutionnelle et l’engagement collectif.




