La ministre de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE), Sandra Paulemon, a participé à une table ronde organisée par FP2030.
Cette rencontre s’est tenue en marge des Réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Le thème portait sur la construction de systèmes de financement résilients et pilotés par les pays, notamment dans le domaine de la planification familiale.
D’entrée de jeu, la ministre a défendu une idée centrale. Selon elle, les États doivent jouer un rôle moteur dans l’organisation des financements du développement. En effet, elle estime que les défis actuels ne concernent pas seulement la mobilisation des ressources. Ils concernent aussi leur gestion.
Ainsi, Sandra Paulemon insiste sur la nécessité de mieux structurer les financements. De plus, elle plaide pour une meilleure coordination entre les acteurs.
Elle souligne l’importance d’aligner les ressources sur les priorités nationales. Pour la ministre, un financement efficace doit être cohérent, prévisible et intégré aux stratégies de développement.
Le rôle stratégique du MPCE
Dans son intervention, la titulaire du MPCE a également mis en avant le rôle de son institution. En Haïti, le ministère assure la coordination entre les politiques publiques, les investissements et les appuis extérieurs. Par conséquent, il agit comme un pivot dans la gestion de l’aide internationale.
Dans cette perspective, Sandra Paulemon appelle à un changement d’approche. Elle souhaite que les partenaires internationaux s’alignent davantage sur les cadres nationaux. Selon elle, cette méthode permettrait d’augmenter l’impact des projets. Elle renforcerait aussi la transparence et la redevabilité.
Vers un dialogue plus structuré
Par ailleurs, la ministre a insisté sur la qualité du dialogue entre l’État et ses partenaires. Elle propose une interaction basée sur plusieurs principes. D’abord, une vision partagée. Ensuite, une programmation conjointe. Enfin, une responsabilité mutuelle.
En d’autres termes, elle plaide pour une coopération plus équilibrée. Une coopération où chaque acteur joue son rôle de manière claire. Cela, afin de garantir des résultats durables.
Des progrès, mais des défis persistants
En ce qui concerne la planification familiale, Sandra Paulemon reconnaît des avancées. Toutefois, elle souligne que les défis restent importants. En 2025, environ 890 000 femmes utilisaient des méthodes contraceptives modernes en Haïti. Cela représente un taux de prévalence de 27,6 %.
Cependant, les besoins non satisfaits restent élevés, atteignant 25,3 %. De plus, seulement 52,2 % de la demande est satisfaite par des méthodes modernes. Ces chiffres montrent qu’il reste beaucoup à faire.
Selon FP2030, ces services permettent néanmoins d’éviter chaque année près de 320 000 grossesses non désirées. Ils contribuent aussi à prévenir 87 000 avortements à risque et environ 620 décès maternels. Ces données illustrent l’importance des investissements dans ce secteur.
Malgré ces résultats, le système de santé haïtien demeure fragile. La ministre a notamment évoqué la forte dépendance aux financements externes. En outre, elle a pointé leur faible prévisibilité.
Un autre problème majeur concerne les dépenses des ménages. En 2023, celles-ci représentaient 69,13 % des dépenses courantes de santé. Cette situation pèse lourdement sur la population.
Une vision pour l’avenir
À travers cette intervention, Sandra Paulemon réaffirme la vision du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. L’objectif est clair : promouvoir un modèle de coopération plus structuré et plus efficace.La ministre appelle à un recentrage sur le leadership national. Elle estime que cette approche est essentielle pour garantir des résultats durables. Et surtout, pour améliorer les conditions de vie de la population haïtienne.




