Que vient faire le BINUH dans la mise en application du Pacte national ?

Alors qu’il n’avait pas été directement associé à la signature du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) tente désormais de s’imposer comme facilitateur dans la mise en œuvre de cet accord politique. Une initiative qui soulève déjà des interrogations au sein de certains secteurs politiques sur la place réelle de cette mission onusienne dans un processus présenté comme une démarche haïtienne.

Le vendredi 13 mars 2026, le BINUH a organisé une rencontre avec plusieurs représentants de partis politiques, signataires et non-signataires du pacte. L’objectif, selon une publication de la mission sur son compte X, était de faciliter les discussions autour de l’application du document et de rappeler l’urgence de préparer des élections crédibles dans le pays.

Dans un message adressé aux participants, le chef du BINUH, Carlos Ruiz Massieu, a insisté sur l’importance du dialogue inter-haïtien pour renforcer la stabilité politique et restaurer la gouvernance démocratique. Il a également rappelé que la mission onusienne agit dans le cadre de ses « bons offices » pour soutenir le processus politique et électoral.

Pourtant, la mise en œuvre du pacte se heurte déjà à plusieurs désaccords majeurs entre ses signataires. Parmi les points de friction figurent le remaniement du Conseil électoral provisoire, la création d’un comité de suivi et surtout la modification du décret électoral afin d’y introduire l’organisation d’un référendum constitutionnel.

Présent à la rencontre, Pascal Adrien, du mouvement politique Mouvman Toutouni, a expliqué que les discussions ont notamment porté sur la question de l’insécurité et sur les changements constitutionnels envisagés dans le pacte. Selon lui, certaines réflexions ont également porté sur l’adoption d’un nouveau décret électoral confiant au Conseil électoral provisoire la mission d’organiser un référendum.

L’intervention du BINUH s’appuie sur une résolution adoptée en janvier par le Conseil de sécurité des Nations unies, qui lui demande de faciliter le dialogue national et de soutenir les autorités haïtiennes dans l’organisation d’élections prévues pour 2026.

Reste que cette implication tardive d’un acteur international dans l’application d’un accord politique national alimente un débat persistant en Haïti : celui de la souveraineté du processus politique et du rôle réel des partenaires internationaux dans la conduite de la transition.

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