Des discussions autour d’un possible remaniement au sein du Conseil électoral provisoire (CEP) agitent les coulisses politiques depuis plusieurs jours. Des signataires du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections évoquent la nécessité d’évaluer certains membres de l’institution électorale, soupçonnés d’être trop proches de certains acteurs politiques.
Selon des informations rapportées par Le Nouvelliste, l’idée d’un changement au sein du CEP était déjà envisagée lors de l’élaboration du Pacte. Un signataire du document rappelle que l’article 17 prévoit la possibilité d’une évaluation des membres du Conseil afin de renforcer la crédibilité du processus électoral.
« Appelez-le remaniement ou replâtrage, mais il doit y avoir des changements au CEP », a confié au quotidien un signataire influent du Pacte. Selon cette source, certains conseillers électoraux seraient au service d’acteurs politiques pour lesquels ils auraient déjà facilité des recrutements, notamment dans certaines régions du pays. Des discussions seraient actuellement en cours entre des signataires du Pacte et la Primature afin d’envisager les modalités d’une telle évaluation.
Toutefois, cette perspective ne fait pas l’unanimité. L’ancien sénateur Kelly Bastien, lui aussi signataire du Pacte, affirme avoir entendu parler d’un changement imminent au sein du CEP, tout en mettant en garde contre les risques de suspicion de partialité. « Comment peut-on prendre une telle décision sans éveiller les soupçons ? Qui proposera les remplaçants et selon quels critères ? », s’interroge-t-il.
De son côté, l’avocat et opposant politique André Michel a exprimé publiquement son désaccord. Dans une publication sur son compte X, il affirme que certains partis influents au gouvernement envisageraient de remplacer six des neuf membres du Conseil électoral, une initiative à laquelle il dit s’opposer fermement.
Au-delà du débat institutionnel, un éventuel remaniement du CEP pourrait également avoir des conséquences politiques importantes. Tout changement au sein de l’organisme électoral pourrait entraîner une révision du calendrier électoral et, par ricochet, prolonger la durée de la transition dirigée par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Selon le calendrier actuel, le premier tour des élections est prévu pour le 30 août 2026, tandis que le second tour devrait se tenir le 6 décembre 2026, avec l’installation des élus attendue en janvier 2027.




