L’Assemblée générale de l’ONU a adopté, le 25 mars 2026, une résolution historique qualifiant la traite transatlantique d’esclaves de crime le plus grave contre l’humanité. Cette reconnaissance arrive dans un contexte où Haïti de réclamer restitution et réparation de la France.
L’Organisation des Nations unies a franchi un cap symbolique majeur en proclamant la traite des esclaves africains comme « le crime le plus grave contre l’humanité ». Adoptée le mercredi 25 mars par l’Assemblée générale, cette résolution a été portée par le Ghana, engagé depuis plusieurs années dans la reconnaissance des injustices historiques liées à la traite transatlantique.
Présent à New York pour défendre ce texte, le président John Mahama a salué une avancée importante. « Aujourd’hui, nous sommes rassemblés solennellement et solidairement pour proclamer la vérité et poursuivre le chemin vers la guérison et la justice réparatrice », a-t-il déclaré, évoquant le calvaire de plus de 13 millions de victimes sur quatre siècles.
La résolution, bien que non contraignante, est qualifiée d’« historique » par ses promoteurs. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large menée par l’Union africaine pour obtenir reconnaissance, excuses et réparations pour les crimes liés à l’esclavage.
Des divisions persistantes autour des réparations
Le texte a été adopté avec 123 voix pour, mais a suscité des divisions notables. Les États-Unis, Israël et l’Argentine ont voté contre, tandis que plusieurs pays européens, dont le Royaume-Uni, se sont abstenus.
Au cœur des débats, la question de la hiérarchisation des crimes contre l’humanité a constitué un point de blocage. Certains États ont estimé qu’il ne pouvait exister de distinction entre ces crimes, justifiant ainsi leur refus de soutenir la résolution.
Au-delà de la reconnaissance symbolique, le texte appelle également à un engagement concret des États en faveur d’une justice réparatrice. Toutefois, Washington a exprimé des réserves, estimant que des pays actuels ne pouvaient être considérés comme bénéficiaires de réparations pour des préjudices historiques.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exhorté la communauté internationale à aller au-delà des déclarations. Il a appelé les diplomates à honorer la mémoire des victimes de la traite transatlantique non seulement par des « paroles », mais aussi par des « actes », relançant ainsi le débat sur les responsabilités et les réparations.
« La traite transatlantique des esclaves fut un crime contre l’humanité. Rejetons le faux discours de la différence raciale et engageons-nous pleinement en faveur des droits humains et de l’égalité », a écrit Antonio Guterres sur X quelques heures avant le vote.




