Assassinat de Jovenel Moïse : le carnet recherché par le juge Denis Pierre figurait déjà dans l’ordonnance de clôture de Walter Voltaire

Le carnet de notes de l’ex-président Jovenel Moïse, au cœur des perquisitions ordonnées par le juge d’instruction Cyprien Jean F. Denis Pierre contre Pierre Espérance et le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), figurait déjà parmi les pièces versées au dossier judiciaire.

Le document apparaît au visa numéro 246 de l’ordonnance de clôture de 122 pages rendue par le magistrat instructeur Walter W. Voltaire dans le cadre de l’instruction sur l’assassinat du chef de l’État. Il y est fait mention du « procès-verbal des informations contenues dans le carnet de notes de marque Sirnaline retrouvé sur le bureau de la chambre du président Jovenel Moïse ». Cette référence établit que le contenu du carnet avait déjà été consigné dans un procès-verbal et pris en compte bien avant que le juge Denis Pierre n’en ordonne la recherche.

Des perquisitions controverséesLe 19 mai 2026, le juge Denis Pierre avait ordonné à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) de perquisitionner à la fois la résidence du directeur exécutif du RNDDH et le siège de l’organisation, dans le but de localiser ce carnet.

La mesure avait suscité de vives réactions dans les milieux politiques et sur les réseaux sociaux, où plusieurs voix avaient réclamé des poursuites contre Pierre Espérance, affirmant que le document était en sa possession.

Le RNDDH dénonce des rumeurs comme fondement juridique

En réponse, le RNDDH a saisi le président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) pour dénoncer la démarche. L’organisation a relevé que le juge lui-même écrivait dans son ordonnance qu’« il était bruit » que le carnet et le téléphone de feu le président se trouvaient entre les mains de Pierre Espérance, « sans droit ni qualité ».

Pour le RNDDH, cette formulation révèle que la perquisition reposait sur des rumeurs et non sur des éléments matériels établis. L’organisation a par ailleurs affirmé que la copie du carnet circulait déjà auprès de plusieurs personnes et que son contenu était connu des enquêteurs depuis des années.

La découverte de la référence au carnet dans l’ordonnance Voltaire soulève désormais des questions sur le degré de vérification préalable à l’émission de l’ordre de perquisition et sur la coordination entre les différentes phases de l’instruction judiciaire dans cette affaire.

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