Le Ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST) a lancé, le vendredi 20 mars 2026, le Dispositif national de stage obligatoire pour l’insertion socioprofessionnelle des jeunes diplômés (DNSOIJED). La cérémonie s’est tenue à l’hôtel Montana, en présence de recteurs d’universités, de représentants d’organismes internationaux et de partenaires du secteur privé.
Ce dispositif s’inscrit dans le cadre du Programme d’accès obligatoire aux stages professionnels, lancé en mai 2025. Son objectif est clair : faciliter l’insertion des jeunes diplômés sur le marché du travail. En effet, il prévoit la mise en place de stages obligatoires, encadrés, rémunérés et certifiés.
Cependant, cette initiative intervient dans un contexte difficile. En Haïti, le chômage des jeunes reste très élevé. Selon les données du MAST, le taux de chômage chez les 15 à 24 ans atteint 37,5 %. Ce chiffre dépasse largement celui de plusieurs pays de la région.
Une réponse structurée au chômage
Face à cette réalité, le gouvernement entend créer une passerelle entre le système éducatif et le marché de l’emploi. Selon John Jerry Constant, responsable au sein du ministère, le pays souffre d’un manque de mécanismes d’accompagnement pour les jeunes diplômés.
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Ainsi, le DNSOIJED repose sur plusieurs outils. D’abord, une plateforme du service public de l’emploi a été mise en place. Elle permet de connecter les demandeurs d’emploi aux recruteurs. Ensuite, le dispositif prévoit un cadre juridique avec des conventions de stage tripartites.
Par ailleurs, des formulaires seront utilisés pour identifier les entreprises et sélectionner les candidats. Dans une prochaine phase, le programme entrera dans sa mise en œuvre. Il sera alors question de choisir les structures d’accueil, les stagiaires et les tuteurs.
En outre, les bénéficiaires recevront une indemnité mensuelle mais les modalités de paiement restent encore à définir. Les stagiaires seront également encadrés et évalués tout au long de leur parcours.
Le ministre Marc-Elie Nelson considère ce programme comme un investissement stratégique. Selon lui, il ne s’agit pas d’une mesure temporaire, mais d’un outil durable pour soutenir l’emploi des jeunes. À terme, plus de 20 000 jeunes devraient bénéficier de ce programme, dont 500 dès la première année. Les stages dureront trois mois et concerneront des institutions publiques et privées.
Le projet, prévu sur cinq ans, est déjà en phase pilote. Une soixantaine de jeunes ont déjà effectué des stages dans des institutions comme l’ONA, l’OFATMA ou le FAES. Selon le MAST, ces premiers résultats sont encourageants.




